Isabelle Jonniaux

Parcours à L'L

En novembre 2016, suite à un dossier de candidature, elle rejoint L’L pour démarrer une première recherche autour d’une envie de développement d’une écriture personnelle.

Metteure en scène, comédienne, dramaturge Isabelle Jonniaux a grandi dans un village reculé du Hainaut, en Belgique, d’où elle a rapidement pris la fuite. Elle aime les sentiers de traverse. Elle suit un premier parcours universitaire à Louvain-La-Neuve (UCL), Vancouver (UBC) et Anvers (UFSIA) où elle complète un Master en Sciences Economiques Appliquées. Pendant plusieurs années, elle participe au monde « actif », entre dans la mêlée de la rentabilité, titille la croissance. Cette expérience aiguise son regard critique qui la conduit progressivement vers les arts vivants, y trouvant un champ d’investigation plus propice à ses réflexions.

Fidèle à son esprit nomade, elle se forme dans différentes écoles de théâtre dont le Studio-théâtre Alain de Bock (Paris), ainsi qu’à travers de nombreux workshops (Galin Stoev, Jean-François Peyret, Bénédicte Liénard, Roberto Alvim…)

Depuis 2003, elle joue en France et en Belgique, développant des collaborations avec plusieurs compagnies. Elle travaille entre autres sur l’écriture collective au sein de la Playground Cie (Limoges), explore le théâtre-documentaire avec la Cie Arcinolether, dirigée Christophe Cotteret (Bruxelles), expérimente le théâtre intime et immersif avec la Cie du Veilleur, dirigée par Matthieu Roy (Poitiers). À partir de 2008, elle s’exerce à la direction d’acteurs et à l’écriture. Elle fonde sa propre compagnie, IN VIVO 5.12, porte à la scène Maeterlinck (L’Oiseau Bleu), Nancy Huston (La Virevolte) et collabore en 2016 avec Annick Lefebvre pour créer en Belgique son texte «coup de poing», J’accuse (création en novembre 2017). Parallèlement à ses projets artistiques, elle cofonde en 2005 l’Atelier 210 (Bruxelles), un espace de création tourné vers l’émergence, où théâtre et musique se partagent la scène. En 2016, elle rejoint également l’équipe de programmation de la Maison Maria Casares (Alloue), dirigée par Matthieu Roy et Johanna Silberstein.

Recherche en cours

© Isabelle Jonniaux

Sensations urbaines (titre provisoire)

« Juin 2017. J’erre dans les rues de Bruxelles. Je marche. J’observe. Je parle à des étrangers. Je visite des arrière-cours. Je lis les slogans publicitaires. Je me perds. Il est 14h53. C’est un lundi. Assise sur un banc, je me dis, les gens qui erre comme moi aujourd’hui dans la rue, un lundi à 14h53, qui sont-ils ? Je ne les ai jamais vus ? Ou jamais regardés ? Ils ne sont pas à un rendez-vous, un déjeuner, une réunion. Ils n’ont pas l’air de s’activer. Que font-ils ? Au fond, si tu n’es pas actif, tu es quoi ? Tu es in-actif ? Tu es désactivé ? Désoeuvré ? Décalé ? Recalé ? Rescapé ? Rejeté ? En rejet ? Un rejet ? »

Cette recherche a démarré en décembre 2016. Elle prend la forme d’une déambulation physique et philosophique. Elle se compose de photographies, de rencontres humaines, d’explorations de lieux. Elle raconte les maux/mots de la rue, fouille la pensée et questionne notre condition humaine. Elle explore différentes formes de réalité augmentée, à travers une écriture visuelle, plastique et narrative.