Lorenzo De Angelis & Nina De Angelis

Parcours à L'L

Après dépôt de candidature, Lorenzo De Angelis entame une première recherche à L’L en août 2017.
Nina De Angelis rejoint Lorenzo dès février 2019.

Lorenzo De Angelis

Lorenzo De Angelis est né en 1986. Il commence ses études chorégraphiques en 2004 au Centre de développement chorégraphique de Toulouse, puis au CNDC d’Angers (Dir. E. Huynh).

Depuis, il a été interprète pour Pascal Rambert, Alain Buffard, Youn Soon Cho Jacquet, Yves-Noël Genod, Fabrice Lambert, Vincent Thomasset, Marlene Monteiro Freitas…

En parallèle, il crée une série d’installations culinaires et, en 2016, un premier projet scénique, Haltérophile, en coproduction avec le CDC-Toulouse, le festival Actoral (Marseille), le Théâtre de Vanves et Charleroi/Danses (Bruxelles).

 

Nina De Angelis

« Je suis née le 5 juin 1987. J’ai très peu connu l’endroit où je suis née et nous avons déménagé tous les trois ou quatre ans passant par la ville, la campagne, encore la ville, re la campagne et puis l’océan.
Quand on me demande d’où je suis, je dis que je ne sais pas. Et c’est là la réponse la plus juste que j’ai trouvé.
Ça me donne parfois l’impression d’avoir eu plusieurs petites vie.
Finalement, c’est un peu comme ça que je continue d’évoluer… Je travaille des médiums assez différents, ils se croisent peu, cohabitent la plupart du temps comme plusieurs petites vies parallèles.
Il y a une écriture poétique. Souvent de forme courte, naïve, d’un rythme de balade et occasionnellement avec une chute grotesque… pour l’équilibre.
Il y a l’encre de chine. L’encre se divise en deux catégories: “dessiner le chaos à l’aide d’une plume” et “les mouvements” au pinceau. Le premier a commencé il y a huit ans environ, juste après l’écriture. Le deuxième est récent, il s’agit de peinture puis de collage. Pendant cette dernière étape, j’imagine faire des mises en scène de gestes ou de morceaux de mouvements. Seule ou en groupe, souvent avec des personnes ne pratiquant pas la peinture.

Puis, il y a peindre des fleurs. Comme un objet d’étude récurent, important, primordial.
Il y a aussi la sculpture. Au commencement c’était surtout marcher. Puis regarder, puis ramasser, amasser, recomposer avec ce qui était trouver.
Chercher et trouver l’équilibre entre différents éléments jusqu’à l’apparition d’une sculpture, puis recommencer avec les mêmes éléments ou d’autres. Sans fixer. Juste en équilibre. Comme un entraînement, un échauffement de sculpteur qui opère la danse des matériaux.
Enfin, il y a la performance. Utiliser l’écriture poétique et la gestuelle du sculpteur. Un geste souvent dépourvu de danse. Toujours en
collaboration: Patrick Belmont (musicien), Brune Campos (chorégraphe/plasticienne), Lorenzo De Angelis (chorégraphe/danseur).
J’ai longtemps pensé qu’il fallait relier les différentes pratiques.
Qu’elles se ressemblent davantage. Qu’elles fassent un « beau tout bien lisse ». Mais je ne vois plus l’intérêt aujourd’hui. Je n’ai plus peur de ne pas savoir où je vais. D’ailleurs je me fous bien de savoir d’où je viens. C’est le chemin qui m’intéresse. »

Recherche en cours

© D.R.

(sans titre)

« Nous sommes à une époque de crises économiques, où les secteurs artistiques ont de plus en plus de mal à faire valoir leur légitimité et leur importance. À une époque aussi, où la révolution digitale nous gave en permanence d’images plus hallucinantes les une que les autres. Au point de générer aussi une perte de sens.

Alors il me tient à cœur de comprendre d’où vient le spectacle, cette activité sociale ancestrale. De quelle nécessité, dans des temps immémoriaux, a-t-il émergé ? À quelle nécessité répond-il aujourd’hui ? Quelle fonction a le spectacle vivant ? Quelle mission ?

Presque toutes les questions qui m’absorbent ancrent profondément leur prétexte dans des notions fondamentales du spectacle. Car, oui, j’ai besoin pour entamer mon métier d’auteur, de me coltiner ces fondements, de les dévorer.

Les objets que je crée parlent à la fois du théâtre, du spectacle, du performeur, du public, et à la fois de ce qu’ils représentent dans « la vie réelle », de ce qu’ils prennent en charge.

Explorer les fondements du spectacle en miroir des fondements de la civilisation.

En fait, j’aime considérer une représentation (ou le moment d’une monstration) comme une expérience de civilisation temporaire et concentrée. Je me demande toujours quelle expérience et quelle vision de la civilisation je vais proposer là ? »

Lorenzo De Angelis