Milan Otal

Parcours à L'L

Après dépôt de candidature, Milan Otal entame sa recherche à L’L en septembre 2021.

Né en 1989, Milan Otal étudie dabord la littérature, la musique baroque et la philosophie, avant de partir, en 2011, travailler avec des musiciens au Caire, à Beyrouth et Alep.
Durant les soulèvements du Printemps arabe, il commence à écrire. D’abord sur des communautés minoritaires déplacées : palestiniens de Jordanie et du Liban ; communautés juives dIran et de Turquie ; réfugiés du Nord de la France et de Paris. Puis sur des confréries religieuses pratiquant des rituels d’extase et de transe : au Maroc, en Sardaigne et au Kosovo. Ses travaux, réalisés en collaboration avec des anthropologues, ethnomusicologues et artistes visuels, prennent la forme de livres, pièces de théâtre, vidéos et livrets.
Milan poursuit ses recherches sur les organisations communautaires et la représentation rituelle et mène une thèse sur les théories de la perception et les pratiques rituelles à la fin du paganisme grec (Université Montpellier Paul Valéry, France ; Université de Genève, Suisse). Il enseigne quelques temps l’histoire du théâtre grec et la philosophie à lUniversité de Montpellier.

En parallèle, Milan travaille comme dramaturge et assistant à la mise en scène sur des opéras, en France et en Italie. En 2020-21, il écrit et conçoit lopéra Arianna, inspiré dun fragment de LArianna de Claudio Monteverdi. Lhéroïne, isolée sur son île, est envoyée en orbite aux côtés de V. Terechkova, première femme partie dans l’espace.
Intérêt croissant pour l’espace et ses représentations. Rencontres avec des astrophysiciens, artistes et astrobotanistes qui aboutissent à la formation dun laboratoire nomade. Chacun réalise des installations basées sur les mêmes principes de
cupération/expérimentation/association que dans lopéra. En 2020, il co-fonde le collectif Pronaos, espace de création où explorer des formes entre arts, sciences, design et fictions.
Il entame, en septembre 2021, une recherche à L’L.

 

Recherche en cours

« Depuis le mois davril 2021, je regarde croître sur le garde-corps de mon appartement, plantées dans une jardinière suspendue, des graines de tomates revenues récemment dun séjour dans lespace. Elles ressemblent à nimporte quel pied de tomates, mais me procurent quotidiennement un sentiment d’émerveillement teinté dabsurde que j’associe à un sentiment théâtral. Ce sentiment interroge mon sens du réel, lespace autour de moi, le tout proche et linaccessible, l’étrange processus du vivant, sans parler des rouages politiques quil a fallu abondamment huiler pour arriver ici, au bord dune fenêtre.
Si ce sentiment est moteur dans ma recherche à LL, je me demande aussi comment le partager dans un contexte de représentation, avec dautres objets que mes graines, dautres récits que lhistoire qui nous lie. Je cible alors les croisements entre arts et sciences, entre sciences et fictions.
Ce qui mintéresse dans le discours scientifique est sa capacité à ouvrir des modalités dattention à dautres espaces-temps et comment ces attentions nous interrogent sur la qualité même de notre attention aux choses. De là, une réflexion sur les moyens de partager la science (évocation ? transposition ? détournement ? réinvention ?) et de dépasser l’effet de sidération que peut provoquer l’exposé d’une valeur prétendue vraie. Je me penche donc sur certains protocoles dexpérimentations scientifiques, leurs outils, leur gestuelle, et teste sils sont toujours aussi efficaces une fois déplacés sur un plateau de théâtre.
Ce pseudo-laboratoire prend pour thèmes des problématiques intimes : lenracinement, lhabiter, le rituel, la transformation, la fragilité, laccueil, la communauté. Il vise, par la réalisation de plusieurs formats d’expérimentations (récits, performances, objets, enregistrements audio/vidéo), à imaginer dautres manières de porter notre attention et, plus largement, de se situer, individuellement et collectivement. »

Milan Otal

 

 

© collectif Pronaos | Nathalie Guimbretière