Mathias Varenne,
Damien Petitot & Myriam Pruvot

Parcours à L'L

Depuis juin 2013, il est en résidence de recherche à L’L autour des écrits d’Allen Ginsberg et, plus particulièrement, Howl.

Mathias Varenne

Mathias Varenne vit et travaille à Bruxelles. Lauréat 2008 de l’École d’acteurs de Liège où il a travaillé notamment sous la direction de Françoise Bloch, Jacques Delcuvellerie et Raaven Ruel.
Depuis, il est comédien et performer aux côtés d’Armel Roussel (Nothing Hurts d’après Falk Richter), Pierre Megos (12 Works), Lucille Calmel (Au bord du gouffre d’après D. Wojnarowicz), Christine Letailleur (La philosophie dans le boudoir de Sade) et Wojtec Siemilski (Prolog). En outre, il travaille an tant que curateur et co-organise les soirées Crash Test au Brass – C.C.Forest.
Également créateur de ses propres objets scéniques et performances, il concentre son travail de recherche autour de thématiques sulfureuses (sexualités, amours, meurtres de masse…). Il signe un premier projet, La Preuve, en juin 2014 (Brass – C.C. Forest/ Théâtre de Liège ; Prix Jeune et International au Festival Emulation 2015).

Damien Petitot

Damien Petitot est artiste multi-disciplinaire, diplômé de l’école ARTS2 de Mons où il obtient un Master 2 au sein de l’atelier IDM, dirigé par Jean-François Octave.
Ses recherches plastiques sont tournées vers l’expérimentation et l’utilisation dérivée des techniques et technologies. Ses vidéos, images, textes, sons ou encore sculptures, sont « générées » par des dispositifs techniques qu’il utilise de manière aléatoire et détournée, des dispositifs en quelque sorte « piratés ». Les erreurs et hasards produits deviennent la matière première de son travail. Les thématiques de l’intime, de l’altérité et de la communication sont au cœur de son travail.
Parallèlement à sa pratique de plasticien, il travaille depuis plusieurs années comme vidéaste performeur au sein de projets scéniques (théâtre, musique) auxquels il collabore en réalisant des scénographies vidéos. Il a notamment travaillé avec Mathias Varenne (La Preuve), François Gaspard (Bishop Dust), Lucille Calmel (Wojnarowicz Remix) et Stéphane Kozik (Livescape).

 

Myriam Pruvot

Myriam Pruvot s’est formée en art visuel et a enseigné l’édition à l’École Nationale des Beaux-Arts de Bourges.
Elle a collaboré, en tant qu’auteure et interprète à différents projets radiophoniques (pour Alessandro Bosetti, la revue laviemanifeste, Anne-Laure Pigache, Davide Tidoni), musicaux (Sylvain Chauveau, le label Wild Silence) et chorégraphiques (collectif Groupenfonction, Fondation Royaumont, El Banch) en Europe et Amérique du Sud.
Elle est régulièrement invitée à participer à des laboratoires autours du son et du langage. Elle publie des disques et se produit en concert sous le nom de Monte Isola. La voix, la langue et les lieux sont ses principales matières d’exploration.

http://www.myriampruvot.com/

Recherche terminée

© Mathias Varenne

Hurler sous la lune (Howl)

Pour cette première recherche à L’L, il y a Ginsberg et ses mots, mais aussi Kerouac, Burroughs, Cassady, que je suppose écrivant dans la même pièce, avec cigarette et pichet de vin (rouge), et regards et sourires et mots échangés, et le « tak tak »quadruplé des machines à écrire.

Il y a leurs filiations, David Wojnarowicz, Kathy Acker, Bruce Benderson, Patty Smith, enfants devenus artistes qui, comme des généraux punks et comme leurs ainés, s’adressent aux foules, mais plus forts et plus proches de nous.

Il y a la matérialité, la spontanéité et la brutalité de l’écriture beatnik, où les rythmes et les sons sont autant d’émotions et d’appel à se soulever, à brûler.

Changeons de focale !

Il y a pour moi l’attirance pour des artistes aux parcours et aux épithètes troubles, amoindrissant les membranes interdisciplinaires et faisant cas de l’intime/politique.

Il y a l’évidence de l’intérêt générationnel pour Allen, Jack, William et leurs enfants/amants David, Kathy, Bruce, Patty.

Il y a le désir de tenter de répondre en revenant au commencement avec Allen, de reprendre les premiers mots de cet artiste (phare) à la marge de la société, et de chercher avec lui, et ses acolytes et « enfants » qui, je suppose, ne seront jamais très loin de cette recherche.

Il y a l’envie de plonger dans les caves historiques Beat Generation, remplies de lectures, de vin, de jazz (de bop), de sexe, de subversion, de communistes, d’hindouistes-bouddhistes qui, une aiguille dans le bras, crient « eli eli lamma lamma sabacthani »… Et, comme de jeunes adolescents, d’essayer de se prendre pour, de prendre part à, de se faire prendre par, la tradition orale américaine du mot/rythme, de la bouche/machine, de l’écrire pour lire (pour être entendu) ou, comme le dit tellement mieux l’anglais, le spoken word.

Autour de tout cela, il y a la volonté de créer un groupe d’artistes et de chercher ensemble après une zone de transmission, pas de confrontation, pas d’apprentissage, non ! Une zone de transmission ! Il y a le désir de soulever l’ossature des mots/rêves hyper-générationels et hyper-américains d’Allen et de l’interpeller avec des bouches, des langues, des salives, des sueurs et des corps d’aujourd’hui. Témoigner d’une époque pour en révéler une autre. Chercher la zone de transmission.

Il y a la nécessité de témoigner d’une sexualité/liberté/créativité intergénérationnelle, et de chercher une zone/lieu/antre/scène où pourrait avoir lieu la passation de pouvoir entre mots et corps, sens et rythmiques, entre une génération et une autre.

Il y a la recherche de la fusion du mot et du toucher.

Mathias Varenne et son équipe ont présenté leur fin de recherche à L’L les 7 et 8 février 2018.
Création du spectacle Hurler sous la lune les 22, 23, 24, 28 et 29 mai 2019 à L’L dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts.