Isabelle Jonniaux

Parcours à L'L

Isabelle Jonniaux a débuté sa recherche à L’L en décembre 2016.

Metteure en scène, interprète, dramaturge, Isabelle Jonniaux a grandi dans un village reculé du Hainaut, d’où elle a rapidement pris la fuite. Elle aime les sentiers de traverse. Elle suit un premier parcours universitaire à Louvain-La-Neuve (UCL), Vancouver (UBC) et Anvers (UFSIA) où elle complète un Master en Sciences Economiques Appliquées. Pendant plusieurs années, elle participe au monde « actif » de l’entreprise. Cette expérience aiguise son regard critique qui la conduit progressivement vers les arts vivants. Fidèle à son esprit nomade, elle se forme dans différentes écoles de théâtre, ainsi qu’à travers de nombreux workshops. Depuis 2003, elle joue en France et en Belgique, développant des collaborations avec plusieurs compagnies. Elle travaille entre autres sur l’écriture collective au sein de la Playground Cie (Limoges), explore le théâtre-documentaire avec la Cie Arcinolether, dirigée Christophe Cotteret (Bruxelles), expérimente le théâtre intime et immersif avec la Cie du Veilleur, dirigée par Matthieu Roy (Poitiers).

 

En 2008, elle fonde sa propre compagnie, IN VIVO 5.12, porte à la scène Maeterlinck (L’Oiseau Bleu), Nancy Huston (La Virevolte) et collabore en 2016 avec Annick Lefebvre pour créer en Belgique son texte «coup de poing», J’accuse. En 2019, elle crée pour le jeune public un spectacle sonore et immersif, Blue Bird. Parallèlement à ses projets artistiques, elle cofonde en 2005 l’Atelier 210 (Bruxelles), un espace de création où théâtre et musique se partagent la scène ; elle y est directrice artistique et curatrice de festivals. Elle rejoint L’L en 2016.  Elle intègre également en 2019 le programme Chimères (résidences artistiques et production d’écritures numériques et hybrides).

Recherche en cours

J’AIME BEAUCOUP ICI

Je suis au cœur de la cité. J’erre dans les rues. J’observe. Je parle à des inconnus. Je lis les tags et les slogans. Je me perds dans mes pensées. Il est 14h47. C’est un lundi. Assise sur un banc, je me demande : les gens qui erre comme moi dans la rue, un lundi à 14h47, que font-ils ? Ils ne sont pas à un rendez-vous, un déjeuner, une réunion ? Ils n’ont pas l’air de s’activer ? Au fond, si tu n’es pas actif, tu es quoi ? Tu es in-actif ? Tu es désactivé ? Désœuvré ? Décalé ? Recalé ? Rescapé ? Rejeté ? En rejet ? Un rejet ?

 


 

Cette recherche a démarré en décembre 2016. Elle prend la forme d’une déambulation physique et philosophique. Elle se compose de photographies, de rencontres, d’explorations dans l’espace public. Elle raconte les maux/mots de la rue, fouille la pensée et questionne notre condition humaine. Elle explore différentes formes de réalité « augmentée », à travers une écriture visuelle, plastique et narrative.

« Je porte mon attention sur ce qui est négligé, fracassé, malmené ; les choses, les idéaux, les êtres vivants. Je m’intéresse aux fêlures de l’existence et à ses traces visibles dans l’espace public. Je cherche une façon de les porter au regard des autres, d’y apposer des mots, de les panser/penser, de leur donner une autre vie.

La marche devient un terrain d’énonciation. Déplacer le corps permet de déplacer le regard, les sens et la pensée. Elle permet d’enclencher une réflexion à partir des choses les plus ordinaires que l’on voit autour de nous ; tenter de faire émerger une réalité alternative. »

Isabelle Jonniaux

 

© Isabelle Jonniaux